Les différentes lois en ergonomie et psychologie cognitive
02/09/2020

Les différentes lois en ergonomie et psychologie cognitive

Les sciences cognitives étudient le fonctionnement de l’esprit humain en se référant aux études d’autres disciplines, à l’exemple de la neuroscience ou la psychologie. 

 

Notamment, la psychologie cognitive s’intéresse à l’étude des différents modèles de fonctionnement des processus cognitifs humains qui sont à l’origine des comportements de l’homme. 

 

Les données issues des analyses de la psychologie cognitive aident l’UX designer à imaginer les futures actions que l’utilisateur va réaliser pour interagir avec une interface.

 

Pareillement, l’ergonomie cognitive traite les aspects mentaux de l’homme pour lui offrir une interface facile d’accès et offrant une information facile d’interprétation. 



La psychologie cognitive au service de l’UX

Qu’est-ce que la psychologie cognitive ?

 

La psychologie cognitive s’attache à prédire et à comprendre les comportements humains, tout en se basant sur l’ensemble des fonctions mentales, telles que : la mémoire, la perception, le langage, le raisonnement, l’intelligence, la résolution d’un problème, la créativité, etc.

 

La psychologie cognitive cherche à décortiquer le fonctionnement de l’esprit afin de comprendre les processus mentaux associés aux comportements humains et pouvoir les modéliser sous forme de représentations, de structures ou des cartes mentales.

Cette discipline se base sur l’observation et l’expérimentation des comportements de l’homme, l’interprétation des faits et la formulation de synthèses, afin d’analyser les processus mentaux reliés à la fonction de connaissance ou la cognition.

 

La cognition désigne toutes les fonctions mentales reliées à la connaissance, telles que : la mémorisation, l’apprentissage, le langage, etc.

 

La psychologie cognitive aide grandement à mieux comprendre les réactions et les comportements de l’utilisateur, afin de parfaire son UX et lui offrir un service plus adapté à ses besoins.

La psychologie cognitive appliquée à l’UX

A l’ère de l’évolution incontestable de la technologie, l’homme vit un mouvement transitionnel crucial entre le monde réel et virtuel. Actuellement, on a recensé plus de 4,5 milliards d’internautes dans le monde, le 1er janvier 2020, selon alioze.

 

Ce mouvement induit un changement dans : les actions motrices, les opérations mentales et l’interaction cognitive et sensorimotrice de l’homme. De ce fait, la maîtrise des processus mentaux humains est importante afin de mieux appréhender le fonctionnement de sa boîte noire. 

 

Par ailleurs, la psychologie cognitive permet d’anticiper l’expérience utilisateur. De plus, elle aide considérablement l’UX designer à repérer les obstacles qui dégradent la qualité d’interaction entre l’utilisateur et le service.

 

Voir à ce sujet cette excellente conférence de Bonnie E. John, une psychologue cognitive américaine spécialiste dans l’étude de l’interaction homme-ordinateur :

Optimiser la recherche UX

Récemment, certaines techniques de psychologie cognitive ont été inventées afin de fluidifier la phase de recherche UX. Ces outils aident l’UX designer à mieux connaître le stimuli qui évoque la perception et l’attention de l’utilisateur. En guise d’exemple, les caméras d’eye tracking emploient l’analyse faciale ou des capteurs cutanés, pour interpréter les processus mentaux du cerveau et analyser la psychologie de l’utilisateur. Cela aide à identifier les problèmes qui suscitent sa frustration d’une façon moderne et à proposer des solutions concrètes pour les combler.

 

Ces techniques visent essentiellement le « fast thinking », qui est à l’origine des décisions subconscientes de l’homme. Ce système réactif et intuitif (appelé aussi cerveau paresseux) est responsable des réactions simples et émotionnelles. 

 

Le cerveau paresseux commande les décisions rapides de l’homme. Notamment, il est responsable des décisions qu’il prend concernant la qualité du service proposé. De ce fait, il est indispensable de concevoir un service qui stimule favorablement le cerveau paresseux. 

Concevoir des interfaces facilement accessibles 

Pour assimiler convenablement les informations reçues, le cerveau paresseux a besoin d’interagir avec une interface simple et épurée. Cela lui permet de décider plus rapidement quelle action doit-il réaliser.

 

Une interface utilisateur qui transmet le message d’une manière directe et facile, évite la surcharge cognitive. En effet, le cerveau humain se concentre sur une seule tâche à la fois et il ne peut pas gérer simultanément un nombre élevé de stimuli. 

Mieux organiser les éléments d’une interface

La technique d’eye tracking permet d’analyser le regard d’un utilisateur lorsqu’il est en interaction avec une interface utilisateur. Elle use de cartes de chaleur (heatmap) pour évaluer le temps passé sur chaque zone de l’interface.

 

Les expériences menées par cette technique ont démontré que le cerveau parcourt l’information en suivant un chemin en forme de la lettre “F” ( F-Shaped Pattern). De ce fait, il est pertinent d’organiser les éléments de l’interface en suivant cette même maquette.

 

Voici quelques consignes pour hiérarchiser un contenu en forme de F : 

  • mettre en valeur les mots clés (en gras par exemple).
  • utiliser les listes à points.
  • formuler des titres accrocheurs.
  • formuler des phrases et des paragraphes concis.
  • adopter le concept de pyramide inversée qui traite les idées les plus importantes au début du contenu.

 

 

L’ergonomie cognitive au service de l’UX

Qu’est-ce que l’ergonomie cognitive ?

L’ergonomie cognitive est une dérivée de la psychologie cognitive. C’est une approche centrée sur l’homme et se base sur l’étude des processus mentaux pour étudier les interactions entre l’utilisateur et un système interactif, comme un logiciel, un site web ou une application mobile.

 

L’ergonomie cognitive cherche à trouver un compromis entre les processus cognitifs et les fonctionnalités du service, afin d’améliorer son expérience utilisateur.

L’ergonomie cognitive appliquée à l’UX

L’ergonomie d’interface vise à optimiser l’interaction entre l’utilisateur et la machine. Pour ce faire, cette approche mise sur la conception d’interfaces simples, ergonomiques et facilement accessibles. 

 

L’intégration de l’ergonomie cognitive dans une démarche UX conduit à imaginer les différentes réactions et actions qu’il peut réaliser pour interagir avec une interface, dans l’objectif de renforcer l’utilisabilité et la performance du service en question.

 

Créer des interfaces efficaces

L’application de l’ergonomie cognitive dans la conception UX nécessite de respecter les règles ergonomiques en vigueur. Notamment, il faut s’aligner aux heuristiques universelles de Christian Bastien et Dominique Scapin : deux chercheurs à l’INRIA, dans le domaine de l’ergonomie informatique. A savoir :

  • Le guidage : désigne l’ensemble d’outils utilisés pour renseigner et guider l’utilisateur pendant son parcours, comme : les messages d’erreurs, les notifications, etc.

 

  • La charge de travail : désigne la capacité de l’interface à fournir l’information à l’utilisateur d’une manière directe, explicite et sans encombre.

 

  • Le contrôle de l’utilisateur sur le système : le système doit être souple et lui fait porter la casquette du maître qui détient le contrôle de ses actions. Le système doit également toujours informer l’utilisateur de l’état de chaque interaction effectuée.


  • L’adaptabilité : l’interface utilisateur doit être flexible et offrir à l’utilisateur des fonctionnalités personnalisées et adaptées à ses besoins, dans l’objectif d’assurer une meilleure expérience utilisateur.
  • La gestion des erreurs : le système doit informer l’utilisateur sur les éventuelles erreurs qu’il peut rencontrer pendant son parcours.
  • L’homogénéité et la cohérence : l’interface doit répondre aux critères de cohérence entre ses composants : les couleurs, le style de front.. afin d’engager l’attention de l’utilisateur.
  • La signifiance des codes et dénominations : le système doit communiquer le message d’une manière adaptée au langage de l’utilisateur (en utilisant par exemple des expressions appartenant à son vocabulaire familier ).
  • La compatibilité : désigne la correspondance entre les processus mentaux de l’utilisateur (ses perceptions, sa capacité de mémorisation, etc) et les interactions avec le système.

 

Ces heuristiques sont efficaces pour mener un audit UX ou ergonomique. Cet audit permet de repérer les éventuels obstacles qui nuisent à l’efficacité d’une interface et proposer les optimisations et les solutions requises pour les résoudre.

 

Lire à ce sujet : l’intérêt de réaliser un audit UX. 

 

Les lois en ergonomie et psychologie cognitive

Les 6 lois de la GESTALT

GESTALT (ou théorie de la forme) est une théorie Allemande, employée en psychologie qui vise à démystifier la façon avec laquelle notre processus de perception structure les informations pour percevoir le monde.

Appliquée dans le domaine d’ergonomie cognitive, cette théorie emploie les techniques de regroupement et de simplification des formes perçues, afin de leur donner du sens et structurer l’interface selon une logique bien déterminée. 

Par ailleurs, la théorie de GESTALT aide l’UX designer à concevoir des interfaces efficientes qui permettent à l’utilisateur d’accéder facilement à une information fiable. Elle comprend ces lois : 

 

1 – Loi de la bonne forme  : Notre cerveau traite les objets similaires comme un ensemble. L’UX designer a tout intérêt à regrouper et à rapprocher les éléments ayant des aspects graphiques similaires.

Loi de la bonne forme

2 – La loi de la proximité : Les objets les plus proches sont rassemblés dans un même groupe. Cela aide l’utilisateur à comparer les groupes d’éléments homogènes et à mieux comprendre l’information par la suite.

 

La loi de la proximité

3 – La loi de continuité : Cette loi consiste à regrouper les objets qui représentent une continuité ensemble.

 

La loi de la continuité

4 – La loi de la similarité: Cette loi recommande de rassembler ensemble les objets qui ont plusieurs aspects en commun. Pour une meilleure organisation, il est judicieux de les structurer selon leurs fonctions et démarquer chaque fonction par une couleur ou une forme déterminée.


 

La loi de la similarité

5 –La loi de la clôture : 

Le cerveau humain requiert une information complète pour pouvoir la comprendre. De ce fait, il ne prend pas en considération les discontinuités.

 

Les formes discontinues ne peuvent pas être exclues de la conception UX. Donc, pour éviter de perturber le bon déroulement de l’expérience utilisateur, il est pertinent de bien rapprocher les éléments d’une forme discontinue, comme un cercle ou un trait en pointillés. 

 

La loi de la clôture

6 – La loi de destin commun :

Les objets qui font le même mouvement et qui meuvent dans le même sens, doivent être rassemblés dans un même groupe. Notamment, cela s’applique sur les galeries d’images et les listes. 

Toutes ces recommandations ont pour objectif de simplifier l’interaction entre l’utilisateur et l’interface et à optimiser son expérience.

Autres lois de l'expérience utilisateur

  • La loi de Fitts : elle consiste à mettre en valeur les objets que l’UX designer souhaite employer pour inviter l’utilisateur à réaliser une action donnée. Ces objets doivent être proches en distance et grands en taille.

 

  • La loi de Hick : elle s’intéresse au temps pris par l’utilisateur pour interpréter une information. Ce temps peut s’élever en fonction du nombre et la complexité des informations. Donc, l’UX designer doit optimiser la quantité d’informations sur une interface, pour l’aider à comprendre le message plus rapidement et à passer l’action convenue.
  • La loi de Jakob : elle s’intéresse aux habitudes des utilisateurs. Elle recommande de s’inspirer d’un modèle de conception déjà existant, afin d’éviter de dérouter l’utilisateur. Notamment, pour chaque style de site web, les internautes sont familiers avec un design déterminé, qui ont l’habitude de le consulter dans la majorité des sites. Il convient donc de concevoir une interface qui répond aux attentes de l’utilisateur et de réutiliser les conventions en vigueur.
  • La loi de Miller : cette loi considère que l’homme peut retenir entre 5 et 9 éléments dans sa mémoire à court terme. De ce fait, L’UX designer doit éviter de surcharger l’interface par beaucoup d’éléments et ne garder que les objets les plus importants.
  • La loi de Parkinson : elle stipule que le temps de réalisation d’une tâche augmente jusqu’à l’atteinte du temps requis pour son accomplissement. L’exemple d’application qui peut illustrer cette loi et celui de l’insertion de minuterie dans une interface pour renseigner l’utilisateur sur le temps écoulé pendant son interaction avec le système.  
  • La loi de Prägnanz : elle s’intéresse à l’effort cognitif fourni pour interpréter une information. Donc, plus une forme ou une image est simple, plus elle sera facilement et rapidement assimilée et mémorisée par le cerveau.
  • La loi de Serial position effect : elle précise que l’homme mémorise les premiers et les derniers objets qu’il a perçus. En effet, le cerveau enregistre les premiers objets qu’on lui présente, dans sa mémoire à long terme. Quant aux derniers éléments qu’il a détectés, il les classent dans sa mémoire à court terme.
  • La loi de Tesler : ou loi de conservation de complexité. Elle concerne la gestion de complexité du design d’une interface. Elle s’intéresse à ce dilemme : comment concevoir une interface simple pour l’utilisateur, sans compliquer la tâche de l’UX designer.
  • L’effet Von Restroff : ou loi d’isolation. Cette loi précise que l’objet qui se diffère du reste de son groupe, il a plus de chances à être retenu. En effet, ce principe est appliqué dans les stratégies publicitaires ou pour mettre en exergue un élément dans une interface. Notamment, on peut appliquer une couleur chaude sur un lien pour attirer l’attention ou placer un bouton Call To Action avec une taille étendue.
  • L’effet Zeigarnik : elle déclare que l’homme se rappelle mieux des tâches incomplètes plutôt que celles achevées. Donc, il faut prévoir des mécanismes pour rappeler l’utilisateur des opérations incomplètes qui doit les finaliser.

Conclusion

L’intégration de la psychologie et de l’ergonomie cognitives dans les projets UX en appliquant certaines lois UX apporte des avantages non négligeables, comme la conception d’une interface utilisateur efficace et conviviale. Cela permet d’obtenir la satisfaction de l’usager et de renforcer son engagement. 

Le fait d’appuyer l’approche UX avec les synthèses de la psychologie et de l’ergonomie cognitives permet aussi d’améliorer l’image de marque de l’entreprise et d’augmenter son taux de conversion.

Une conception UX basée sur les recommandations de la psychologie cognitive conduit également à la production d’un contenu SXO (Search eXperience Optimization) à la fois explicite et agréable à consulter. 

 

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