Charte ergonomique
16/08/2021

Charte ergonomique

La charte ergonomique permet de fixer et de centraliser les règles régissant le fonctionnement et l’utilisabilité de l’interface au sein d’un document maître. Elle définit clairement les conventions ergonomiques à respecter par toute l’équipe de sorte à rendre le travail plus efficace, mais aussi pour garantir l’homogénéité de tout produit digital. La charte ergonomique met en place les principes fonctionnels à déployer au sein du dispositif digital…

 

En d’autres termes, elle représente un référentiel de base pour instaurer les bonne règles d’ergonomie, mises en place dans un support interactif supposant la possibilité de modification et d’addition. Le rapport de la charte ergonomique est sectionné selon des critères clés à suivre par l’ergonome. 

C’est quoi une charte ergonomique ?

C’est un livrable clé dans la documentation du projet qui est élaborée par rapport à ses spécificités. Elle garantit la cohérence graphique et fonctionnelle globale de l’interface afin d’assurer une expérience utilisateur idéale et satisfaisante. On peut alors considérer que la charte ergonomique fait partie des techniques UX design qui formule les recommandations nécessaires à la conception d’interfaces homogènes et conformes aux standards user-centric. 

L’intérêt de la charte ergonomique dans un projet digital

Véritable guide de conception des interfaces, ce document de référence est destiné à la fois aux UI Designers et aux développeurs. Il sert à définir les règles et les conventions d’ergonomie lors de la conception d’une application interactive relatives au graphisme et aux principes fonctionnels du point de vue utilisateur.  Il vient faciliter l’application des recommandations ergonomiques par l’équipe de développement

 

La mise en place d’une charte ergonomique s’impose notamment dans le cadre de projets de grande envergure ou complexes, impliquant la contribution itératives des équipes UX/UI et Dev, à travers des propositions qui servent à dynamiser et à mettre à jour le support interactif.

 

Ceci est particulièrement bénéfique si la plateforme digitale est sujette à une évolution et une adjonction d’options et de fonctionnalités. La charte ergonomique sera garante de l’homogénéité de l’interface quand ces nouvelles fonctionnalités seront introduites. De la sorte, la charte fera en sorte d’éviter la superposition et l’amalgame de fonctionnalités déjà existantes ou inutiles.

La charte ergonomique vecteur de l’expérience utilisateur

Du côté utilisateur,  elle contribue à réduire l’effort et la courbe d’apprentissage en assurant des modes opératoires cohérents sur l’ensemble de l’application. C’est un élément de premier ordre sachant que l’apprentissage facile aide à la fidélisation. Pour cette raison, les produits plus faciles à apprendre ont tendance à avoir un public plus large, d’où l’importance de la charte ergonomique. Cette dernière englobe les principes directeurs concernant la navigation, la terminologie, la disposition, le comportement, les liens et le graphisme des éléments optimisant le parcours client et le rendant plus intuitif.

 

Ainsi la charte ergonomique viendra assurer de l’ergonomie de votre dispositif digital auprès de vos utilisateurs. Cet élément est indispensable pour la réussite de votre projet, étant donné que l’ergonomie stimule à la fois le désir de l’utilisateur (leur «je veux» d’un produit) et l’amour de l’utilisateur (la probabilité de s’en tenir à votre produit et de s’en réjouir ouvertement auprès des autres).

 

Un utilisateur choisira d’office l’option la plus ergonomique et c’est quasiment le paramètre le plus important qui peut pousser les utilisateurs à changer de produit. Cette affirmation ne fait que démontrer encore plus l’importante place que doit tenir l’élaboration d’une charte ergonomique dans la conception non seulement des interfaces digitales mais dans la création de tout produit.

Les objectifs de la charte ergonomique

La charte ergonomique a pour fonction de définir convenablement et méthodiquement les règles de l’ergonomie gouvernant le dispositif digital. Cette fonction étant bien définie, il est d’autant plus important de saisir les objectifs majeur de la charte ergonomique, à savoir:

  • Définir les principes ergonomiques de l’interface.
  • Garantir la cohérence de l’interface laissant place à l’aspect évolutif de celle-ci.
  • Garantir l’optimisation de l’expérience utilisateur en s’assurant de son homogénéité et de sa qualité.
  • Faciliter l’implémentation des dispositions ergonomiques par l’équipe de développeurs.
  • Aboutir à l’élaboration d’un document mémoire projet marquant la clôture de la phase de conception-production.

La charte ergonomique est de fait un document détaillé qui poursuit ses propres objectifs, loin de ceux des spécifications fonctionnelles, des wireframes et des mock-ups. 

 

En effet, les spécifications fonctionnelles servent à détailler précisément les comportements de l’interface. Les wireframes, quant à elles, sont des documents de conception qui explicitent le fonctionnement de l’interface (design de l’information et design de l’interaction). Les mock-ups ne sont que des maquettes, c’est-à-dire des outils de conception graphique, d’évaluation et de communication visuelle. 

 

Si tous ces outils tendent à améliorer l’ergonomie, la charte représente la feuille de route à suivre pour s’en assurer. 

 

Elle va bien s’appuyer sur ces rapports pour dresser un cadre de référence précis et complet des règles à appliquer dans le projet de création du dispositif digital. Ce qui la différencie des autres documents qui servent plus à expliciter le fonctionnement et les dispositions, c’est notamment sa dimension pédagogique d’ordre communicationnel. 

 

Véritable guide UX, c’est un rapport qui a pour objectif de dresser les recommandations nécessaires sur les conventions ergonomiques à respecter.

Comment charter l’ergonomie?

Tout d’abord, il serait judicieux d’appuyer la rédaction de la charte ergonomique sur des maquettes graphiques et non seulement sur les maquettes fonctionnelles. Les dernières, à l’instar des wireframes, storyboards ou mockups, ne sont pas disposées à constituer une base suffisante pour la charte puisqu’elles sont sujettes à des changements et des modifications au cours du projet.

 

Ce manque de stabilité ne peut disposer ces documents de conception fonctionnelles à être garants de l’ergonomie. De ce fait, il est recommandé de privilégier les maquettes graphiques définitives et validées pour la création de sa charte ergonomique, mais en aucun cas perdre de vue les maquettes fonctionnelles.

 

Le rapport de la charte ergonomique est supposé cadrer le travail des autres collaborateurs afin d’instaurer les bonnes pratiques relatives à l’ergonomie. Il est alors essentiel de: 

  • Maîtriser les usages et les règles fondamentales de l’ergonomie.
  • Opérer à partir d’une vision d’ensemble du fonctionnement du dispositif digital en s’appuyant sur les maquettes graphiques.
  • Bien cibler le contenu de la charte ergonomique par rapport à qui elle s’adresse.
  • Prendre en compte tous les projets satellites et connexes que la charte ergonomique est en mesure d’impacter.

Il est aussi préconisé que la charte graphique soit élaborée par un as de l’ergonomie. La personne chargée de la rédaction du rapport (ou du moins en charge de son encadrement) doit présenter des pré-requis incluant une connaissance indéniable des conventions ergonomiques.   

Les critères pour charter l’ergonomie

Avant de se jeter à l’eau et d’entamer le chartage, on doit être sûr de maîtriser certaines connaissances. Selon un classique de la discipline rédigé par les ergonomes Bastien et Scapin – ergonomic criteria for the evaluation of human-computer interfaces – institut national de recherche en informatique et en automatique, France, 1998, voici les plus grands critères qui doivent encadrer le rapport:

 

  • 1. Guidage

            1.1. Incitation

            1.2. Groupement / Distinction entre Items

            1.3. Feedback Immédiat

            1.4. Lisibilité

 

  • 2. Charge de Travail

            2.1. Brièveté, concision, actions minimales

            2.2. Densité informationnelle

 

  • 3. Contrôle Explicite

            3.1. Actions explicites

            3.2. Contrôle utilisateur

 

  • 4. Adaptabilité

            4.1. Flexibilité

            4.2. Prise en compte de l’expérience de l’utilisateur

 

  • 5. Gestion des Erreurs

            5.1. Protection contre les erreurs

            5.2. Qualité des messages d’erreurs

            5.3. Corrections des erreurs

 

  • 6. Homogénéité / Cohérence

 

  • 7. Signifiance des Codes et Dénominations

 

  • 8. Compatibilité

Le fond

La charte ergonomique peut s’articuler autour de deux méthodes pour ce qui s’agit du contenu: 

 

  • ECRAN PAR ÉCRAN : 

Cette méthode consiste à définir les règles ergonomiques de l’ensemble du dispositif digital écran par écran. On appelle cette démarche une charte ergonomique micro. Dans ce cas de figure, on détaille les conventions d’ergonomie pour chaque écran du dispositif digital, un à un. Cette méthode est particulièrement compréhensible, communicable et efficace. 

 

  • CRITÈRE PAR CRITÈRE :

Cette deuxième méthode consiste à fixer les codes et les conventions d’ergonomie dans une sorte de grille ergonomique.  De la sorte, on classe les éléments d’interface impactés en les rapportant aux règles à suivre pour chacune des thématiques ergonomiques. C’est une méthode qui est plus difficile à communiquer aux autres contributeurs et collaborateurs du projet.

 

En pratique, les deux approches seront indissociables car interdépendantes. Les éléments de la charte ergonomiques, même au sein d’un écran en particulier, vont être sujets à la contextualisation notamment et surtout quand il s’agit d’éléments transversaux. 

 

Ainsi, on sera en présence de règles ergonomiques transversales qui doivent s’appliquer à toute l’interface et dont on ne peut faire abstraction. Ces règles transversales sont à faire apparaître dans la revue macro de chaque écran.

Les sections:

Vous pouvez charter l’ergonomie d’un projet autour des grandes sections suivantes :

  • [0] Contact et liste de diffusion
  • [1] Contexte de la charte

            Objectifs visés par la charte

            Publics visés par la charte ergonomique

            Dispositifs digitaux concernés par la charte

            Comment utiliser la charte ergonomique

            Pourquoi il est important d’avoir une charte ergonomique

            […]

 

  • [2] Codes ergonomiques transversaux

            Définition des règles  d’interface transversales

            Zoning macro des règles d’interface (en-tête, corps de page, pied de page, zone de                      rebond si elle existe…)

            Déclinaison des zoning spécifiques qui s’appliquent à un groupe de page (exemple : cas              particulier d’un processus de commande dans un site ecommerce)

            Focus sur l’émetteur, les éléments de repérage, les titres

            Problématique publicitaire et encombrement de l’interface

            Cas particuliers

            […]

 

  • [3] Architecture de l’information

            Système de navigation général

            Navigation dans l’écosystème digital (si galaxie de sites)

            Choix du design de navigation : explications

            Limites du système de navigation

            […]

 

  • [4] Design de l’information – Lisibilité générale

            Typographie

            Styles (vous pouvez vous appuyer sur les CSS (feuilles de styles)

            Couleurs des textes – Mise en relief

            Balisage et titraille (H1, H2, H3, H4)

            Principes de hiérarchisation de l’information

            Utilisation de symboles visuels (iconographie, pictogramme)

            Traitement des images (taille, légende, alt…)

            Traitement des vidéos…

            Traitement des médias…

            Formats publicitaires…

 

Note : à ce stade, vous pouvez rester factuel ou donner des conseils pour l’écriture, la hiérarchisation des informations…

En effet, la charte ergonomique est aussi un document de communication, de sensibilisation, voire de formation…

 

Considérations responsive si nécessaire : limite de titre, nombre de caractères à optimiser pour affichage sur les terminaux mobiles…

            […]

 

  • [5] Design de l’interaction – spécificités

            Traitement des liens

            Traitement des appels à l’action (call to action)

            Principes généraux divers (formulaires…)

            Règles d’optimisations des liens (SEO) […]

 

  • [6] Règles d’interface détaillées

            Listing de tous les gabarits types

            Cartographie de la structure du fonctionnement

            Capture d’écran et règles d’ergonomies spécifiques à chaque écran type

            Décliner le travail pour chaque écran […]

 

  • [7] Optimisations SEO

            Bonnes pratiques pour le référencement […]

 

  • [8] Grille d’évaluation

            Checklist pour le suivi de l’ergonomie (une grille pour faire un point complet des                           conventions ergonomiques en cours de route […]

 

  • [9] Toute section que vous jugez utile

            [ANNEXE]

 

 

Ce plan de charte ergonomique peut s’appliquer pour un site web, un écosystème digital, une application mobile, un logiciel… En dépit des particularités de chaque terminal (à prendre en compte bien évidemment en temps opportun), ce plan de charte ergonomique ne présentera pas énormément de variations et restera toujours similaire.

La forme

Sur le plan de la forme, la charte ergonomique est admise sous forme d’un rapport écrit de type Word ou sous forme d’un diaporama Powerpoint.

 

Sous Word, le format est généralement vertical et le rapport sera plus confortable à lire et donc plus aisé au niveau des descriptions.  

De format plutôt vertical, le document Powerpoint est plus favorable aux illustrations des écrans.

 

Le choix du format dépendra des préférences du rédacteur de la charte. En utilisant un format horizontal, il est toujours possible d’associer des captures d’écran pour inclure les illustrations nécessaires. 

Conclusion

Avant l’élaboration de la charte ergonomique, il est essentiel de tenir compte des maquettes et des spécifications fonctionnelles mais aussi des maquettes graphiques.


La conception du zoning peut se révéler efficace pour l’introduction du rapport.
Une fois la charte rédigée, il est possible de la couronner par une formation permettant la diffusion des bonnes pratiques au sein de l’entreprise. 

 

Les techniques de l’UX design sont à même de parfaire la charte ergonomique, si bien que l’on peut être amené à rédiger une charte de l’UX design. On peut même fusionner les deux chartes au sein d’un seul et même document de référence. 

 

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