16/11/2021

L’UX writing : 10 règles indispensables en rédaction UX

L’UX Writing ou la rédaction UX, c’est l’élaboration du texte qui va mettre en contact et lier les utilisateurs à votre site ou votre application. Le texte doit servir aussi bien à guider la navigation sur votre interface qu’à convaincre l’utilisateur à accomplir certaines actions. Pour y arriver, il faut recourir à des formulations bien construites et qui respectent quelques règles de base en votre qualité d’UX writer.

 

Dans cet article, vous trouverez quelques conseils pratiques pour une rédaction UX efficace.

L’écriture UX: le point de contact Homme / machine

“L’écriture est facile. Tout ce que vous avez à faire est de rayer les mauvais mots.” (Mark Twain)

Cette règle est indispensable en UX writing, hélas elle est loin d’être la seule et l’unique.
L’UX writing est une discipline qui requiert un peu plus de consécration. 

 

L’écriture UX consiste à rédiger les bouts de textes qui guident les utilisateurs au sein de l’interface et les aident à interagir avec celle-ci. Cet ensemble de textes UX comprend des boutons et des étiquettes de menu, des messages d’erreur, des notes de sécurité, des messages d’erreur, de la FAQ, des termes et conditions, ainsi que des instructions sur l’utilisation du produit / service.

L’objectif principal de l’écriture UX est d’établir et de régir la communication entre les utilisateurs et un produit numérique. Pour y arriver, plusieurs paramètres doivent tisser votre manière de rédiger afin de répondre aux enjeux UX. 

Les bonne pratiques indispensables en UX writing:

  • Etre clair:
    L’efficience de la rédaction UX repose sur la clarté. Le rôle premier d’un UX writer est d’améliorer l’ergonomie en guidant l’utilisateur à travers la plateforme.
    Les utilisateurs, de plus en plus exigeants et impatients, risquent d’abandonner une application à cause d’erreurs d’UX writing attisant leur frustration: Ils n’arrivent pas à comprendre le fonctionnement d’une application à cause de wording imprécis ou de formulations nébuleuses.

 

Pour éviter ce cauchemar, assurez-vous de : 

 

  • Spécifier : Utiliser des verbes et des intitulés clairs et spécifiques.
    Les verbes, tout comme les intitulés des boutons sont des éléments très puissants en rédaction UX. Il faut éviter d’être vague, en choisissant les termes adéquats. Choisissez des nominations qui communiquent clairement et différencient ce que fait le bouton.

 

Alors, gare aux termes génériques pour les call to action et les boutons! (privilégier ‘’se connecter’’, “envoyer”, “s’abonner” au lieu de “Ok”, “soumettre”).

 

  • Hier, aujourd’hui, demain: Dans la limite du possible, employez « aujourd’hui », « hier » ou « demain » au lieu de donner une date. Cela empêche les utilisateurs d’utiliser le calendrier. Privilégiez ces termes afin de réduire la charge cognitive des utilisateurs. En effet, les gens n’utilisent pas la date lorsqu’ils se réfèrent à la veille. Ils disent « hier ». Le même principe peut être appliqué aux interfaces utilisateur.

 

  • Utiliser le présent: Privilégier le présent (l’impératif et l’infinitif présent). L’utilisation du futur implique une plus forte réflexion et concentration de la part de l’utilisateur. Il est important d’élaborer des textes UX clairs et intelligibles avec le moindre effort.  

 

  • Privilégier la voix active: La voix active vous permet d’être fluide et droit au but. Le recours aux phrases complexes et subordonnées est tout aussi injustifiable que le recours à des phrases comme: le bouton de connexion doit être cliqué quand vous êtes prêts à vous identifier.
    Il serait plus judicieux d’écrire: Appuyer sur Connexion pour vous identifier. 

 

Etre concis: 

  • Soyez bref. Quand il s’agit de se retrouver sur une plateforme digitale, personne n’a envie de perdre son temps à lire de longues phrases interminables. Il ne s’agit pas de simplement raccourcir les phrases, il est plutôt question d’efficience.  

 

La règle ici est très simple: Rayez tous les mots vides de sens et de fonctions. Il faut uniquement garder l’essentiel, tout en gardant le sens intégral.

 

Cette règle est facile à appliquer pour l’UX writer quand le projet est axé ‘’content first’’. En effet, ceci lui évite de remplir des champs de texte préexistants et pas du tout nécessaires. Il est recommandé que les rédacteurs UX travaillent en conjonction des designers dès le début du projet. Cette approche de conception garantit que vos visuels s’alignent avec ce que vous essayez de dire. Pas l’inverse. Comme l’a si bien écrit John Steinbeck, “convoquer les écrivains à la fin du processus de conception, c’est comme essayer de mettre du dentifrice dans un tube.”



  • Eviter les blocs de texte: Les recherches ont démontré que les internautes ne lisent pas intégralement les textes, il ne font que les scanner en balayant des yeux. En tant que UX writer, votre mission est d’aider les utilisateurs à balayer le contenu efficacement.
    A cette fin, privilégier les blocs courts et scannables. Ecourtez vos phrases et vos paragraphes au maximum sans perdre le sens.

  • Commencer par le plus important: Les utilisateurs ont tendance à lire le contenu sous forme de F. Ils ont tendance à lire les deux premières phrases pour commencer à défiler des yeux en ne s’attardant que sur le premier ou le deuxième mot de chaque phrase. Pour cette raison, il est recommandé de garder le texte non seulement concis, mais aussi Frontloaded. (le Frontloading est une technique d’écriture pour le web, qui consiste à placer les idées importantes en premier.)
    Ceci permet aux utilisateurs de capter l’essentiel des idées lorsqu’ils parcourent la page, mais aussi de capter vite leur attention.

 

  • Bannir la double négation:
    Un mobinaute qui s’efforce de comprendre le sens de vos phrases ou qui s’attarde à vous relire est un utilisateur perdu. Pour éviter cette friction, bannissez les doubles négations. Vos formulations doivent être compréhensibles dès la première lecture. En effet, les doubles négations augmentent la charge cognitive de l’utilisateur; elles l’oblige à passer plus de temps à décoder le message. Afin de ne pas embrouiller l’esprit de vos lecteurs, évitez les formulations du genre: “Ne cochez pas cette case si vous ne voulez pas vous désabonner”. 

 

  • Commencer la phrase par l’objectif (valorisation de l’objectif):
    Lorsque vous cherchez à décrire un objectif et l’action nécessaire pour l’atteindre, commencez la phrase par l’objectif. Personne n’aime lire des listes d’instructions, et surtout pas dans le cas où elles commencent toutes par “cliquez ici pour…’’. Au contraire, commencez par l’objectif (ex: Pour vous connecter…)? pour ensuite finir avec avec l’action nécessaire (“saisissez votre mot de passe”).

    En privilégiant ce type de construction, vous êtes certains de faire preuve d’empathie en favorisant l’objectif des utilisateurs. De surcroît, vous participez à l’optimisation de l’UX globale en allégeant la navigation: vous permettez à l’utilisateur de trouver plus rapidement son chemin.

 

  • Faire preuve de cohérence:
    . L’incohérence est source de confusion. Un exemple typique d’incohésion consiste à utiliser un terme clé, puis de remplacer ce mot par un synonyme dans une autre partie de l’interface utilisateur.
    Voici un exemple très clair: Si vous décidez de nommer le processus d’organisation de quelque chose « Planification » dans une partie de l’interface utilisateur, ne l’appelez pas une « réservation » dans d’autres parties de votre interface. Faites preuve de continuité et de logique.


Une autre transgression courante en rédaction UX, est la combinaison des formes de nomination. Ne faites pas référence à l’utilisateur à la fois à la deuxième personne et à la première personne dans la même phrase, et idéalement tout au long de l’interface (sauf nécessaire).
Evitez alors les constructions du genre: modifiez vos préférences dans Mon compte

Ecrivez plutôt : modifiez vos préférences dans votre compte


Sur un autre plan, soyez cohérent et exact concernant le lexique utilisé. Par exemple, les termes que nous utilisons pour décrire l’interaction avec une application pour ordinateur ne s’appliquent pas nécessairement aux plateformes mobiles. Alors, si vous concevez une application destinée pour le mobile, vous ne pouvez pas dire « cliquer » en faisant référence à l’action souhaitée. Il faut plutôt dire « tapez ». Faites preuve de cohérence par l’utilisation d’un lexique relatif au monde du mobile, et aux actions faites sur mobile.  

 

  • Éviter le jargon: 
    L’une des caractéristiques importantes d’une rédaction UX efficace sont la clarté et la simplicité. Dans ce sens, il est important d’utiliser un langage adéquat.

 

Il est primordial de supprimer les termes techniques et d’utiliser à la place des mots et des expressions familières et compréhensibles. Certains rédacteurs tombent dans le piège de devenir trop technique, par souci de précision. Pourtant, il est particulièrement important d’éviter le jargon dans les messages d’erreur, de soigner leur contenu en l’adaptant aux utilisateurs. Personne n’est sur votre interface pour voir surgir un numéro d’erreur inexplicable s’ils font excès de zèle, ou bien pour lire des détails inutiles sur un fichier qu’ils veulent télécharger. Il est préférable alors de rendre accessible les informations ou éléments que vous pensez nécessaires sur des liens. Mais il est inutile de surcharger votre page avec des données non pertinentes. Vos utilisateurs sont là pour trouver une solution qui les intéresse, pas une solution pour un problème qu’ils ignorent.

Alors, évitez ce genre de message : Erreur système (code #2234) : une erreur d’authentification s’est produite

 

Il est plus adéquat d’écrire: Erreur de connexion : Votre mot de passe incorrect

  • Être la voix de la marque; donner le ton:
    En tant que rédacteur UX, il faut exploiter les principes de la marque pour les refléter sur votre interface. Vous pouvez construire une liste de qualificatifs qui vous serviront de lignes directrices tout au long du projet. Vous devez porter la voix de l’entreprise dans votre UX writing.
    Soyez cohérent en gardant la même identité, la même voix. Ensuite, selon les situations, adaptez le ton pour mieux vous adressez aux utilisateurs. Votre ton peut aller d’informatif à inspirant ou de direct à humoristique. Pour choisir le ton adéquat à chaque situation, posez vous ce genre de questions:

  • Quel est l’objectif de l’utilisateur ?
  • Que pourrait-il ressentir à ce moment-là ?
  • Que voudriez-vous qu’il ressente ?

 

  • Éviter de trop détailler d’emblée:
    Parfois, l’UX writer est amené à fournir des informations ou des instructions supplémentaires aux utilisateurs. Cependant, trop d’informations peuvent rapidement submerger les utilisateurs; tout leur déballer d’un coup devient fortement déconseillé.
    Si vous cherchez le meilleur moyen de rendre accessible toutes les informations utiles, voici une astuce: Révélez les détails à la demande.
    Mettez en place un mécanisme de divulgation progressive qui permet à l’utilisateur de montrer plus de détails.

 

  • Recourir à l’illustration:
    Utilisez des graphiques et des illustrations s’ils peuvent vous aider à communiquer plus aisément. En effet, les êtres humains sont des créatures incroyablement visuelles. Notre capacité d’interpréter les informations visuelles est conséquente. En tant qu’UX writer, il est possible de tirer parti de cet avantage.
    Quand il s’avère presque impossible de dire quelque chose avec des mots, l’imagerie peut nous aider à mieux véhiculer une idée ou à décrire une action.


Faire attention à l’utilisation de l’humour:
Il est à la fois intéressant et alléchant d’incorporer l’humour aux contenus. Beaucoup pensent qu’une touche d’humour dans une interface peut la rendre plus humaine et créer des affinités avec l’utilisateur, ce qui est parfaitement vrai.
Cependant, il faut faire preuve de parcimonie et de logique avec l’humour. A défaut, vous risquez de blesser ou d’irriter l’utilisateur ou de lui sembler arrogant et insensible à sa frustration.
Ceci est spécialement vrai pour les messages d’erreur.
Aussi, l’humour est très marqué par le culturel. Dans un contexte international, il peut se révéler indécent, inapproprié ou tout simplement impossible à traduire correctement.   

Conclusion: 

Il est évident que l’UX writing requiert du temps et des efforts considérables pour rédiger un texte d’interface utilisateur efficace. Mais en appliquant les règles propres à la discipline, vous pourrez maîtriser l’art et la manière de la rédaction UX. En finalité, gardez en tête que chaque mot de votre interface agit directement sur l’interaction de vos utilisateurs avec votre site web, application ou produit. Votre objectif en tant que rédacteur est alors de concevoir des points de contact et de communication efficaces et plaisants. Vous devez traduire la voix et le ton de l’entreprise de la meilleure manière possible. 

 

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